JE CREVE

De loin en loin, je vois ternir mon quotidien de lassitude
Si lointain est le soleil, je serre les poings et je me réveille

Je crève de haine, aussi loin que la vie me mène
Je veux effacer les traces de chaînes
Qui meurtrissent mes poignets
Mes veines sont tailladées, tailladées...

De loin en loin, je caresse la vie du bout des mains, à l'infini
Demain, peut-être, la rage de vivre crèvera l'abcès qui me déchire

Je crève de haine, aussi loin que le vide m'entraîne
Je veux effacer les traces de chaînes
Qui meurtrissent mes poignets
Mes veines sont mutilées, mutilées...

Ce matin, le visage blême, l'envie de rien ronge mes veines
Si demain, le monde trépasse, il faudra bien arracher vos masques

Je crève de haine, aussi loin que la vie me mène
Je veux effacer les traces de chaînes
Qui meurtrissent mes poignets
Mes veines sont tailladées, tailladées...

Je me réveille impassible
Je glisse sur les étoiles, ostensible
De mes entrailles, je puise la solitude
Qui me glace, qui me soulage
La réalité s'efface...

Je crève de haine, aussi loin que le vide m'entraîne
Je veux effacer les traces de chaînes
Qui meurtrissent mes poignets
Mes veines sont mutilées, mutilées...

Phil. novembre 1999